À l’occasion de la victoire à la CAN 2019, RetroAlgérie vous propose un retour sur les plus grands matchs de l’équipe d’Algérie en Coupe d’Afrique des nations. Ceux qui ont marqué les supporters par leur scénario, leur intensité et l’émotion qu’ils ont procuré !
5 – CAN 1982 : Ghana – Algérie : 3-2 (après prolongations)
La Coupe d’Afrique des Nations 1982, est déjà la 13e édition de cette compétition, mais seulement la troisième à laquelle l’Algérie prend part. Mais depuis sa participation à la finale 1980, perdue face au Nigeria (0-3), puis sa qualification autoritaire pour la Coupe du monde 1982 face à ce même adversaire (2-0, 2-1), l’Algérie est déjà considérée comme un favori au titre.
Le premier tour confirme les attentes, avec deux victoires en trois matchs et une première place du groupe B. Son adversaire en demi-finale est le Ghana, qui a terminé deuxième de son groupe, derrière le pays hôte, la Libye.
Les Black Stars ont déjà 3 CAN à leur palmarès, dont la dernière remportée en 1978. C’est d’ailleurs l’un des quatre rescapés de ce titre, George Alhassan, qui sera le bourreau de l’équipe algérienne, en inscrivant un doublé. Celui qui se considère comme le meilleur joueur ghanéen de l’histoire ouvre le score, dès la quatrième minute. Djamel Zidane égalise à la demi-heure de jeu, profitant d’une mauvaise relance de la défense ghanéenne.
À la 62e minute, Salah Assad donne l’avantage à l’Algérie de la tête, en faisant admirer son impressionnante détente verticale. Malgré l’expulsion d’Ali Fergani, les Verts tiennent le 2-1 jusqu’aux arrêts de jeu, moment où Opoku Nti profite d’une sortie hasardeuse de Cerbah, suivi d’un cafouillage dans la défense pour inscrire un but très laid, mais ô combien décisif. Cruel.
Les prolongations tournent à l’avantage du Ghana, et ce diable d’Alhassan inscrit le troisième but, après une jolie passe dans le dos de la défense. Le score ne bougera plus, et ce sont les Black Stars qui disputeront la finale contre la Libye. Une rencontre qu’ils remporteront aux tirs au but (1-1, 7-6 aux tab), au grand dam du Colonel Kadhafi, qui voulait à tout prix voir les siens s’imposer à domicile…
4 – CAN 1984 : Algérie-Cameroun : 0-0
L’Algérie présente à la CAN 1984 l’une des plus belles équipes de son histoire. La génération des Madjer, Belloumi et consorts est toujours aussi talentueuse, mais elle a aussi gagné en expérience après deux phases finales de CAN et une coupe du monde disputées. Surtout, le sélectionneur Mahireddine Khalef a réussi à construire une solide défense, autour de la charnière Kourichi-Guendouz. Résultat, aucun but encaissé en phase de groupe: 3-0 contre le Malawi, 2-0 contre le Ghana, 0-0 contre le Nigeria.
Les Verts retrouvent les Lions Indomptables du Cameroun en demi-finale. Les deux représentants africains à la Coupe du monde 1982 vont se livrer une bataille de très haut niveau sous le soleil de plomb de Bouaké. Au point de constituer, aux yeux de Roger Milla lui-même, son « plus grand match » sous les couleurs du Cameroun.
Le match est notamment marqué par un duel particulièrement rugueux entre Kourichi et Milla. Le défenseur algérien avait arraché un collier porte-bonheur que portait Milla autour du coup, et ce dernier avait répliqué en crachant à plusieurs reprises sur lui. Chargé du marquage sur Lakhdar Belloumi, le défenseur Camerounais Hermann Kingue n’est pas en reste, en allant chatouiller plus d’une fois la cheville du virtuose algérien.
Même si les occasions sont rares, les deux équipes mettent beaucoup d’intensité mais ne réussissent pas à se départager au bout des 120 minutes. L’épreuve des tirs au but tourne à l’avantage des camerounais, Mahmoud Guendouz ayant raté sa tentative. Cruel destin pour l’équipe nationale, sortie de la compétition sans avoir pris le moindre but. Quant au Cameroun, il remportera face au Nigeria le premier de ses cinq titres africains.
3 – CAN 1990 : Algérie-Nigeria : 5-1
L’Algérie accueille pour la première fois la Coupe d’Afrique des Nations en 1990, et entend bien en profiter pour remporter son premier titre continental. La compétition tombe également à point nommé pour effacer l’élimination du Mondial par l’Égypte, quelques mois auparavant.
Abdelhamid Kermali sait que pour aller loin, ses hommes ne doivent pas rater leur entrée en matière. Seul petit problème: l’adversaire en match d’ouverture n’est autre que le Nigéria, qui avait éliminé l’Algérie en demi-finale deux ans plus tôt… La pression est déjà sur les épaules des joueurs algériens.
Cela se confirme lors de la première mi-temps, où l’Algérie paraît crispée et a du mal à se créer des occasions. La délivrance viendra de son capitaine, Rabah Madjer, qui ouvre le score à la 36e minute, après un service parfait de Cherif Oudjani, parti à la limite du hors-jeu.
Cet avantage au score va libérer les algériens, qui jouent un football de rêve en deuxième mi-temps, portés par un 5-Juillet en ébulition. Menad allume une première fois le gardien Alloysius Agu, avant de tenter de servir Madjer dans l’axe quelques minutes plus tard, sans succès. La star du FC Porto va se charger lui-même de doubler la mise, sur coup-franc. Après une première tentative du pied droit, repoussée par le mur, l’arbitre fait retirer le coup-franc car le mur nigérian était sorti trop vite. Madjer tente une subtile feuille morte du pied gauche cette fois-ci, qui heurte le poteau avant de rentrer. Magique!
La suite est une déferlante sur les buts nigérians. Menad inscrit deux nouveaux buts sur deux face à face, tandis que le jeune harrachi Mohamed Rahem est à un cheveu d’ajouter deux autres buts, d’une reprise acrobatique puis d’une frappe sur la barre. Djamel Amani achèvera la démonstration d’un cinquième but, après que le Nigeria ait réduit le score par Emmanuel Okocha, le grand frère de Jay-Jay.
Assurément un des plus grands matchs de l’histoire de l’équipe nationale, qui poursuivra son chemin jusqu’au titre cette année là.
2 – CAN 2010 : Algérie-Côte d’Ivoire : 3-2 (après prolongations)
L’équipe d’Algérie de 2010 est sans doute la plus imprévisible qu’on n’ait jamais connu. Fraîchement qualifiée pour la Coupe du monde 2010, elle fait figure de sérieux outsider pour son retour à la CAN, après deux éditions manquées en 2006 et 2008.
Pourtant, sa campagne démarre par une invraisemblable défaite 3-0 contre le Malawi. C’est la désillusion pour les fans des Verts, d’autant qu’il reste à affronter le Mali et le pays hôte, l’Angola, pour espérer se qualifier. Une petite victoire 1-0, suivie d’un match nul 0-0 feront l’affaire, malgré de très grandes difficultés dans le jeu, compensées par un état d’esprit hors-pair.
L’adversaire en quarts de finale, la Côte d’Ivoire, est probablement la meilleure africaine de la fin des années 2000, du moins sur le papier. Mais bien que personne ne parie sur l’Algérie, les victoires contre l’Égypte quelques mois plus tôt (3-1 en juin, puis 1-0 en novembre) ont prouvé qu’elle pouvait se mettre au niveau des meilleures équipes du continent.
Le début de match est cauchemardesque, puisque Salomon Kalou ouvre le score après quatre petites minutes, profitant d’une défense aux abois. Les Verts paraissent à côté de leur sujet et on craint qu’ils ne prennent une rouste. Contre toute attente, la Côte d’Ivoire va se replier en défense, et l’Algérie en profite pour sortir la tête de l’eau. Sur une des rares incursions algériennes en première mi-temps, Matmour réussit à égaliser peu avant la pause (39e).
Malgré sa pléiade de stars, la Côte d’Ivoire éprouve beaucoup de mal à se procurer des occasions en deuxième mi-temps, c’est même l’Algérie qui est la plus dangereuse. En particulier Matmour, qui obtiendra quelques occasions, dont un face à face, mais ne parviendra pas à conclure. On se dirige tout droit vers les prolongations, lorsqu’Abdelkader Keita envoie un missile dans la lucarne de Chaouchi (89e).
On se dit alors que la chance des algériens est passé et qu’ils vont devoir plier bagage, direction l’aéroport Houari Boumediene. C’est sans compter sur la détermination du vaillant Madjid Bougherra. Le défenseur des Rangers devient avant-centre pour les dernières minutes du match, et sur un dernier centre de Belhadj, il place une tête piquée imparable.
Ce scénario improbable coupe les jambes des ivoiriens, qui encaissent un troisième but dès le début des prolongations, sur une tête de Bouazza (92e). Un but qui assure la qualification de l’Algérie pour les demi-finales, après un match où les supporters auront connu toutes les émotions!
1 – CAN 2019 : Algérie-Nigeria (2-1)
S’il n’y avait qu’une image à retenir du sacre de l’Algérie à la CAN 2019, ce serait sans doute le coup-franc que Riyad Mahrez inscrit face au Nigéria, dans les arrêts de jeu de la demi-finale. Une frappe chirurgicale qui a fait basculer les supporters algériens dans la folie.
Le parcours de l’Algérie à la CAN 2019 est tout d’abord un sans fautes pendant quatre matchs, ponctués par quatre victoires, 9 buts marqués, aucun encaissé. Après un premier gros test face à la Côte d’Ivoire, en quart de finale (1-1, 4-3 aux tirs au but), l’adversaire en demi-finale est un autre sérieux client, le Nigeria.
Contrairement au match précédent, l’Algérie domine outrageusement la première mi-temps et n’est pas bousculé par son adversaire. L’avantage n’est que d’un but à la pause (csc de Troost-Ekong à la 40e minute), mais l’écart aurait pu être plus important si Bensebaïni avait cadré sa tête (15e), et Bounedjah réussi son face-à-face (29e).
Le rythme baisse en deuxième mi-temps, l’Algérie joue plus prudemment sans que le Nigeria ne soit véritablement dangereux. Mais à trop vouloir contrôler la rencontre, l’Algérie se fait punir par un coup du sort: un pénalty pour une main involontaire de Mandi, sifflée après intervention de la Var. 1-1, tout est à refaire!
Pour éviter une nouvelle épreuve des tirs aux buts, l’Algérie pousse incroyablement en fin de match. Bennacer frappe la barre à la 92e, puis trois minutes plus tard, au bout du temps réglementaire, Mahrez fait chavirer tout un peuple en envoyant une mine au fond des buts du Nigeria. Il était écrit que la CAN 2019 n’échapperait pas aux Verts!

